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Revue de presse des 17 et 18 mars
Revue de presse des 17 et 18 mars
Lundi 17 Mars
Reims bascule à gauche
La gauche rémoise retrouve la mairie qu’elle avait abandonnée en 83 après la mandature de Claude Lamblin (PC) élu en 77 à la faveur d’une division de la droite.
Adeline Hazan : 56% Catherine Vautrin : 44%
Tout le monde s’attendait à un score serré mais A. Hazan l’emporte largement (score historique pour le gauche à Reims) Ce score vient du contexte national et du contexte particulier de la droite rémoise qui paie les divisions affichées au grand jour : une partie de l’électorat Dutreil a voté PS. La droite va devoir régler ses comptes et la gauche prendre ses responsabilités.
Seul bémol : participation de 55,30%, Hazan élue avec 30,22 des inscrits.
Réactions :
A. Hazan refuse de devoir sa victoire à la désunion de la droite. Elle pense que les rémois ont formulé leurs attentes face au projet que sa liste portait. Elle veut être la maire de tous les rémois et construire le « nouveau Reims », une métropole où l’on a envie de venir et surtout de rester.
C. Vautrin pense que son score est lié au contexte national, à un déplacement des voix du centre et à un problème de report des voix de droite. L’UMP va devoir se soigner. Elle évoque des relents de 77 qui lui font mal au cœur.
Epernay
A Epernay, Franck Leroy (UMP) retrouve plutôt facilement son fauteuil alors que sa réélection ne semblait pas forcément évidente le soir du premier tour (5 liste). Les socialistes n’ont pas réussi à fédérer : division PS-PC entre les deux tours.
Semaine d’entre deux tours assez malsaine à Epernay.
Franck Leroy : 53% Marc Lefèvre : 47% abstention : 47% blanc :7,5%
Inquiétude du maire concernant les relations avec l’opposition (8) Selon la stratégie de Lefèvre a manqué de clarté : il a fusionné avec une autre liste et a laissé partir les communistes qui auraient pourtant eu toute leur place au conseil. Marc Lefèvre regrette les basses attaques dont il a été l’objet ainsi que Mme Jabbour dans l’entre-deux tours, il se réjouit d’obtenir un siège de plus.
Châlons
A Châlons, Faible taux de participation, BBB dépasse la majorité absolue sur une triangulaire et repart pour un troisième mandat.
Sans surprise, BBB réélu. L’opposition sera plus consistante (8+2), ce qui réjouit G. Berthiot. A. Goze garde aussi le sourire car le pari de préserver le réservoir de voix du premier tour a été tenu.
Reste que le grand gagnant de ce scrutin aura été l’abstention : 52,59%, BBB élu avec moins d’un quart de l’électorat, il devra en tenir compte.
Redressement de la gauche qui prend deux villes sur les cinq les plus importantes du département (Reims et Vitry le François)
Cantonales : la droite perd deux sièges
JC Thomas (UMP, Reims 10) F Mourra (NC, Fismes)
La gauche compte désormais 17 élus (PS et divers gauche). Le PC quitte le conseil général. La droite occupe 26 sièges (UMP, centristes, divers droite) Un élu sans étiquette 10 sièges à pourvoir dimanche :
Daniel Grosbety (PS Anglure)
JL Devaux (UMP, Chalons 1)
Alain Biaux (Divers gauche, Châlons 3)
François Duchein (Divers droite, Givry en Argonne)
JP Pinon (PS, Fismes)
Marianne Doremus (PS, Vitry est)
Stéphane Rummel (PS Reims10)
Francis Falala (DVD Reims 2)
Sabrina Ghallal (PS, Reims 4)
Eric Quénard (PS Reims 5)
Sur Reims, 8 sièges sur 10 sont à gauche. Jeudi matin : élections du président du CG : RP Savary, candidat à sa propre succession. CA de Courson n’a pas encore clairement déclaré ses intentions.
Mardi 18 mars
Le dernier Châlons où l’on cause : Trop loin !
JM Camus qui a laissé sa place de conseiller général sortant était présent à la mairie pour la proclamation des résultats. Il a bien noté celui de son canton mais il regrette que le gagnant vive dans un autre arrondissement : « Ce qui me fait drôle, c’est que si je veux trouver le téléphone de mon conseiller dans l’annuaire, il faut que je cherche à La Chaussée sur Marne ! »
Et il a raison Jean-Marie. Côté renouvellement des pratiques politiques, on fait mieux ! Mais l’UMP n’est pas très adepte du changement à Châlons...
BBB : un troisième mandat dans la continuité et la longévité
Première interview d’un maire qui nous réserve des surprises :
- La première : son analyse des résultats du second tour. Alors que le taux d’abstention est très important et que G. Berthiot faisait remarquer la veille que BBB avait été élu par moins du quart des inscrits, BBB se montre très satisfait de ses gains de pourcentages et de voix (7169 contre 6721 en 2001)
Décidément la politique de l’autruche n’est pas prête de rendre leur conscience de citoyens aux châlonnais ! Qu’est-ce que je disais dimanche soir ?
- La deuxième : le nom des adjoint. R. Doucet, le premier ! (encore un scoop !), Benoist Apparu à nouveau adjoint, Yann Morand aux sports
- La troisième : le passage du nombre d’adjoints de 12 à 16 (4 adjoints de proximité chargés des territoires : Nord, Sud, Centre et Rive Gauche)
Mais si je regarde bien, ça n’était pas dans le programme, ça ? Finalement, BBB aurait-il entendu la critique de négligence de certains territoires que nous lui avons adressée tout au long de cette campagne ? La démocratie participative frémit à Châlons avec ces adjoints de proximité !
- La quatrième qu’il ne dément pas : il aurait demandé à Alain Biaux de se désister des Cantonales sur Châlons 3, tout en l’estimant beaucoup et en lui faisant remarquer que Fagnières n’avait jamais été oubliée par la CAC (mais qu’elle pourrait l’être à l’avenir ??? Non, quand même, n’allons pas trop loin...)
CFA : un niveau de formation pour tous
2000 apprentis de tous âges (15 ans : préapprentissage, 16 ans : sortie du cursus scolaire obligatoire, 20 ans à la suite d’un bac pro, 40 ans pour changer de voie) formés au CFA de Châlons. 700 euros par mois pendant l’apprentissage.
Dossier : Leçons du scrutin
« L’Union de la gauche ne fait plus peur »
Analyse par Hervé Groud, professeur de droit à l’université de CA
La Marne a le plus suivi le mouvement politique national. Les Ardennes étaient déjà plutôt de gauche.
Reims est une ville beaucoup plus équilibrée qu’on ne le dit au plan national. C’est une ville assez centriste qui peut facilement basculer d’un côté ou de l’autre.
On vote plus politique dans les grandes villes et plus local dans les moyennes et petites car on connaît plus de monde sur les listes.
Le PS est dédiabolisé : il rassure parfois à côté d’une droite divisée. Certains électeurs du centre et du centre droit peuvent se dire que les gens de gauche sont des gens tout à fait sages qui peuvent gérer une ville aussi bien que les autres.
Abstention : grande gagnante du second tour
Le record de participation de la présidentielle n’est plus qu’un lointain souvenir. 38,3% des électeurs des villes de plus de 3500 habitants ne se sont pas rendus aux urnes. Dans les grandes et moyennes villes de la région, le taux passe en dessous de la moyenne nationale : 53% à Châlons en Champagne.
Le député socialiste de l’Aisne pose la question de la légitimité démocratique. Pour lui : « On dépolitise trop les enjeux locaux. Il n’y a plus de vrai débat politique. Un candidat veut de l’habitat social, l’autre veut du très social, quelle est la différence ? Pendant la campagne, qui a parlé des vrais enjeux politique que sont la fiscalité locale, l’intercommunalité ou même le vote des étrangers ? On réduit les questions locales à leurs aspects techniques ou managerial. »
Selon H. Groud, le sens de l’abstention évolue : impossibilité de se rendre aux urnes puis comportement électoral de protestation, et aujourd’hui indifférence. « On se désintéresse du scrutin comme certains ne sont pas intéressés par le foot. C’est très inquiétant. »
Schneiter : « Dutreil a fait trop de promesses sur tout et n’importe quoi... »
Mots très durs du maire sortant à l’égard de R . Dutreil : « En réalité, il cherchait un point de chute. Je lui reproche d’avoir semé la zizanie dans une ville de droite alors que d’autres plus courageux, ont bataillé dans des villes de gauche. Il a réussi à nous faire perdre. »
Pour lui, une élection à Reims se gagne dans les quartiers. A. Hazan l’a compris cette année. "La grande bourgeoisie, c’est fini ce tmps là. Reims est devenue une ville très paupérisée, très ouvrière."
En tant que proche de F. Bayrou, on lui demande son avis sur l’avenir du MoDem. Les électeurs ne comprennent pas sa stratégie. « Dans le fond, à cause du mode de scrutin à deux tours, je me demande s’il y a place pour un centre dans notre pays. »
Un coup de jeune dans les conseils généraux
Sabrina Ghallal, 26 ans, benjamine du CG : « Il faut réconcilier les jeunes avec la politique. », martèle cette étudiante en administration sociale qui a adhéré à 17 ans au MJS. Elle veut donner aux jeunes une autre image de la politique pour qu’ils viennent voter. Ancienne présidente de l’UNEF, elle a mobilisé les étudiants contre le CPE. Vice-présidente de SOS-racisme à Reims, elle veut poursuivre son combat contre les discriminations à l’embauche et pour améliorer les structures sociales.
Stéphane Rummel, 27 ans, Reims 10
Eric Quénard, 35 ans, Reims 5 « Si de nombreux citoyens s’éloignent de la vie politique c’est parce qu’il ne se sentent pas représentés, particulièrement les jeunes.“
